Quels enseignements pour le 2ième Observatoire du Handicap dans la profession d'Avocat ?

Le 7 décembre nous rendrons publics les résultats du 2ième Observatoire - vous pouvez encore répondre ! - lors d'un H-After à partir de 18h30 en webinar - pour vous inscrire - avec des panélistes d'impact comme le futur binôme qui conduira le Barreau de Paris en 2022.


Mais en attendant, retour sur le1ier Observatoire du Handicap dans la profession d’avocat qui avait été réalisé du 6 mai au 15 juillet 2019 par envoi d’un questionnaire électronique auprès des 152 premiers cabinets d’avocats en France par les effectifs, représentant 14 610 collaborateurs.

Les 60 premiers cabinets de la liste qui n’avaient pas répondu ont fait l’objet d’une relance téléphonique début juillet pour in fine obtenir la réponse de 11 cabinets représentant un total de 1 628 collaborateurs.


Communiqué de presse

Paris le 1ier octobre 2019, l’association à but non lucratif Droit comme un H ! publie sa première enquête sur la place du handicap dans la profession d’avocat afin de réaliser un état des lieux des pratiques et des sensibilités sur une problématique souvent oubliée dans les politiques de diversité et d’inclusion, même dans les cabinets d’avocats d’affaires internationaux pourtant à bonne école.


Principaux enseignements de l’enquête

  • Plus de la moitié des cabinets ayant répondu – 54% - estiment avoir mis en place une politique de responsabilité sociétale dans leur organisation, principalement axée sur le respect de l’environnement dans les achats de consommables, l’égalité des genres face aux opportunités de carrières et aux rémunérations, voire la mobilité sociale dans les recrutements : mais pas un mot sur le handicap dans ce cadre !

  • Pourtant 72% des répondants mettent en avant une Charte des valeurs qui intègre le handicap, mais déclarent surtout utiliser les services de sous-traitance pour des achats éligibles à la contribution AGEFIPH ; ils connaissent d’ailleurs assez bien les dispositifs de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé – RQTH – ou leur montant de contribution AGEFIPH, mais n’ont pas entendu parler de son pendant la TIH pour les collaborateurs libéraux

  • 63% n’ont pas eu l’opportunité de recruter un(e) avocat(e) en situation de handicap, mais ceux qui ont eu l’occasion de tenter l’expérience expriment leur grande satisfaction

  • 72% des cabinets n’ont pas de processus adapté pour identifier / gérer les candidatures des talents en situation de handicap

  • Cependant 70% se disent prêts à investir pour faciliter l’insertion de ces jeunes « différents » et pensent qu’une aide ou un suivi spécifique des processus de recrutement permettrait de faciliter l’insertion pour accélérer leur démarche d’inclusion dans leur organisation ; mais pour l’instant leur clients n’émettent aucune demande spécifique au handicap dans leurs appels d’offres, alors que les éléments RSE à produire sont de plus en plus nombreux.

Pour obtenir la brochure de l’étude détaillé via MyAirBridge, merci d’adresser votre demande à stephane.baller.handicap@gmail.com


Commentaires


« Notre échantillon n’est hélas pas assez large pour donner une portée scientifique à l’enquête. Cependant nous avons beaucoup appris lors des relances téléphoniques auprès d’interlocuteurs qui avaient du mal à localiser le bon contact en charge de la question du handicap. La réforme de l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés – OETH - va impacter au 1ier janvier 2020 au moins 63 cabinets de notre échantillon qui emploient plus de 20 salariés et je ne doute pas que certains confrères auront à cœur d’intégrer des avocats dans leurs dispositifs futurs, autant d’éléments qui permettront en mai 2020 une interrogation plus représentative pour la deuxième vague de l’Observatoire » a déclaré Stéphane Baller auteur de l’étude et professeur associé d’économie à Paris 2.


« Certains de nos confrères peuvent avoir la tentation d’assimiler handicap et manque de performance, ou bien souvent ne pensent qu’au handicap visible. Moi-même, j’avoue humblement ne m’être pas vraiment posé la question avant de rencontrer Droit comme un H !. Aujourd’hui, je suis convaincu par l’effet bénéfique des formations sur les stéréotypes liés au handicap, comme nous l’avons fait à l’HEDAC, l’école d’avocat de notre ressort, pour faciliter l’accueil de ces talents. Ils apportent une véritable diversité dans notre barreau, principal barreau d’affaires de France, qui a la capacité de mobilisation pour montrer l’exemple » affirme Vincent Maurel Bâtonnier des Hauts de Seine et membre du conseil d’administration de Droit comme un H !


Alexia Rigaud jeune avocate d’EY Société d’Avocats, membre du conseil d’administration de Droit comme un H ! a réagi aux conclusions de l’enquête de la manière suivante : « Il m’a fallu attendre mon stage final en école d’avocat et l’observation de mon Maître de stage pour partager mon handicap non visible : je voulais ne pas être différente ! Avec le recul et des initiatives comme celle-ci, j’ai l’espoir que demain les recruteurs, comme les employeurs, pourront comprendre que le handicap permet de développer des talents différents des valides, mais oh combien complémentaires, et permettront aux organisations de démontrer une véritable diversité, sans craindre une chute de leur rentabilité ».


« Cette première enquête n’a pas encore abordé les questions liées aux accidents de la vie qui de plus en plus vont impacter, dans les entreprises comme dans les cabinets, les valides et leur entourage. C’est ce que nous ont rappelé les jurés de l’Incubateur du Barreau de Marseille lorsqu’ils nous ont remis le 1ier prix de leur Pitch Party pour l’application 3DH qui supporte le processus Droit comme un H ! et nous ne pouvons que nous mobiliser au plus vite pour gérer cette réalité » partage Charline Mainguet responsable juridique de FlixBus France et membre du conseil d’administration de Droit comme un H !


Et le Président de l’association Matthieu Juglar avocat à la cour et ancien secrétaire de la conférence du stage de conclure « Ce 1ier Observatoire donne à la profession un point de départ très certainement incomplet, mais qui a le mérite d’exister. Notre ambition est d’accompagner un processus d’amélioration continue en proposant au marché des jeunes qualifiés qui rechercheront des stages et des collaborations en apportant leurs compétences et leur diversité. Il n’y aura plus l’excuse de la ressource rare et nous avons encore le temps de changer pour élargir le champ de l’inclusion : mais le temps passe très vite ».

A propos de Droit comme un H !

Association à but non lucratif, elle a pour objectif de faciliter l’intégration des étudiants et élèves avocats de talent dans les professions du droit de l’entreprise. Grâce à un processus de sélection adapté en relation avec les missions handicap des Universités, et à la mise en place d’un dispositif d’accompagnement vers la professionnalisation par des stages/collaborations proposés par les partenaires, les étudiants du programme multiplient leurs chances de réussite et leurs employeurs sont préparés et rassurés. Droit comme un H ! est aussi une force d’animation de groupes de travail, de recherches, d’évènements pour promouvoir dans les politiques de diversité et d’inclusion le handicap. Elle est présidée par Matthieu Juglar Avocat non voyant, ancien secrétaire de la conférence du stage et a été récompensée par le prix coup de cœur du jury du 9ieme Prix Opera en septembre 2019.

A propos de la série des Observatoires

Créé en 2003 par Stéphane Baller professeur associé d’économie à l’Université Paris 2 et membre du Centre de Recherche Droit & Economie dirigé par le professeur Bruno Deffains, les Observatoires ont pour vocation d’accompagner la transformation du marché du droit en proposant des informations qualitatives et quantitatives récurrentes. Aujourd’hui ils couvrent le marché des acteurs économiques du droit, les directions fiscales, les directions juridiques, les formations juridiques et fiscales et maintenant le handicap dans les professions d’avocats.

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crédits photos christophe rabinovici et nicols ravelli