Dylan , votre collaborateur en gestion de patrimoine, dès septembre 2020 !

Nous débutons avec Dylan Chicano, élève avocat à l'EFB, en stage final en fiscalité patrimoniale chez Vaslin & Associés, panéliste du 1ier H-After « H-avocat c’est possible », une série d'interviews des jeunes talents suivis par Droit comme un H !

Puissent t ils vous inspirer que vous soyez étudiant ou élève avocat en situation de handicap ou employeur potentiel à pousser la porte de l'association ?


D’abord qui êtes-vous Dylan Chicano ?

A 26 ans, je suis élève avocat à l’EFB en stage final chez Vaslin Associé en fiscalité patrimoniale – je ne vois que d’un œil et possède un handicap fin à la main, qui m’oblige à utiliser un ordinateur pour rédiger. Je viens du Sud-Ouest entre Toulouse et Pau, donc passionné de rugby, mais aussi fou de sport automobile, de Formule 1 . La faculté de Droit à Toulouse, puis le DJCE de Poitiers et maintenant je suis parisien depuis 3 ans.

Cela a finalement été moins difficile que ce que l’on m’avait dit, même si cela bouge tout le temps : il suffit de s’insérer !


Quel regard portez-vous sur votre parcours Universitaire et en Ecole d’Avocat ?

Je bénéficie d’aménagements depuis le collège avec notamment l’utilisation d’un ordinateur et à Toulouse 1 je n’ai pas eu de difficulté pour les maintenir jusqu’en 4ième année, avec chaque semestre un rv médical assez carré. Il n’y avait que quelques étudiants concernés, 5 ou 6 en situation de handicap sur la Faculté de Droit, que je croisais au moment des examens de ma promotion. Pour ma première demande de RQTH ma maman très inquiète m’y a poussé, et elle a bien fait,, lorsque j’étais en Licence.

J’ai ensuite été recruté sur le concours national par le DJCE de Poitiers, une nouvelle Université avec deux directeurs très impliqués notamment Eddy Lamazerolles, qui ont aménagé mes examens, m’ont permis de participer au Trophée du Meilleur Jeune Fiscaliste en 2017 qui a aussi été aménagé par l'organisateur de l'époque qui montait le collectif Droit comme un H! Et le mois de rencontre avec les DJCE à Montpellier pour obtenir le certificat de fiscalité a été un grand moment d’amitiés, et la rencontre de Philippe Grousset avocat associé de CMS Francis Lefebvre que j'ai retrouvé lors de la présentation des résultats de l'enquête sur le handicap dans les cabinets d'avocats en novembre dernier. Mon handicap étant peu visible nous n’avons jamais abordé avec les 200 étudiants la question, mais peut être d’autres comme moi ont aussi suivi le même parcours ?

J’ai préparé l’examen du barreau à l’IEJ de Poitiers en étant inscrit à Pré Barreau partenaire de Droit comme un H ! et j'étais suivi à distance par son responsable, en me créant moi-même mon tiers temps. J’ai eu un peu de fatigue à gérer, et la mission handicap ne voulait pas donner les mêmes aménagements pour le CRFPA que ceux obtenus pour mon M2. Le changement de médecin universitaire m’a obligé à réexpliquer la nécessité d’utiliser un correcteur d’orthographe lorsque, avec un œil, on ne voit pas les doubles saisies. Et puis si le CRFPA est aménagé pour prendre en compte le handicap, la commission pour la note de synthèse demande 4 pages à l’écrit, mais ne précise par le nombre de mots ou de caractères avec espaces autorisé, ce qui a obligé à interroger le CNB pour obtenir une réponse obtenue au dernier moment !

L’accueil à l’EFB a été beaucoup plus simple avec un courrier au directeur de l’école et une demande d’aménagement par une commission spécifique, différente du couple médecin/mission handicap des Universités. A priori nous sommes 300 personnes en tiers temps sur près de 2 000 élèves avocats, mais il n’y a pas en dehors des aménagements de temps à l'examen du CAPA d’engagement spécifique en faveur du handicap.


Vos recherches d’emplois, de stages et maintenant de collaboration ?

Au début de la fac j’ai travaillé dans une agence bancaire dans les Pyrénées, puis effectué un stage en M1 dans un petit cabinet d’avocats à Toulouse avec des remarques générales sur mon travail, sans avoir mentionné mon handicap. En entrant dans le programme Droit comme un H ! j’ai pu échanger avec un consultant en recrutement spécialisé, Stéphane Labille qui m’a renseigné sur l’aménagement du poste que je pouvais demander et suggéré d'aborder lors des entretiens par exemple les questions d’alignement. Mais pour ma première expérience parisienne dans un petit cabinet d'avocats, je n’ai pas voulu en parler et l’expérience a été difficile. Par contre à la Société Générale l’intégration a été très facile, et lors de mon alternance chez Scotto avec un associé fiscal, j’ai dès le départ prévenu des impacts de mon handicap parfois sur mon travail, tout comme lors de mon PPI à la Banque Postale, puis maintenant chez Vaslin.

Ces derniers ont été remarquables, un modèle à suivre, parce qu’ils sont extrêmement accueillants. J’étais leur premier stagiaire en situation de handicap et mon intégration s’est faite très naturellement, avec des avocats très prévenants, et je suis traité normalement ! Finalement l’entreprise n’est pas plus accueillante que le cabinet ? Elle est peut-être plus à même de rencontrer le handicap, et donc informée, flexible et surtout préparée et travaille avec une ligne de temps différente du cabinet ! Le statut de l’avocat indépendant peut être ne facilite pas l’intégration pour qui n’accompagne pas ses collaborateurs ? Mais finalement c'est la même chose pour les valides, et je retiens de ces expériences qu’il faut parler dès l’entretien de son handicap et le mettre sur son CV pour que cela se passe bien : c’est ce qui permet dès le départ de faire la part du handicap et de l’acquisition de l’expérience.



Droit comme un H ! pour vous c’est quoi ?

Je me mets à la place de Dylan qui arrive à la Fac qui ne connaissait pas le handicap, si ce n’est la mission handicap. L’association permet un niveau de suivi renforcé car on nous accompagne, on peut parler de nos carrières et vous êtes plus disponibles que les missions handicap qui sont sous l’eau. Vous allez plus loin que la Fac et intégrez les éléments d’accompagnement de carrières, d’autres que des amis et la famille pour connaitre des gens qui sont passés par là, pour faciliter les choses. Cette plate-forme entre étudiants et employeurs avec plusieurs entrées possibles, permet de traiter les questions, accompagner les envies et encourager les rêves.

Et puis il y a les actions d’agitation intéressantes et l’évolution que j’observe entre la première opération publique avec les candidats au Bâtonnat de Paris interpellés sur la question et la restitution de l’enquête sur le handicap dans les cabinets d’avocats.


L’association peut porter des sujets difficiles et non lisses, mais traité de manière accessible avec de la politique si besoin – les bâtonniers – et de la vraie vie chez CMS avec Sarah directrice juridique de Tereos et Yannick directeur fiscal d’EDF.

Les H-After vont certainement prolonger et renforcer cette familiarité avec différents sujets qui vont changer la perception du handicap à l’école d’avocat comme à l’Université ou dans les cabinets et les directions juridiques. Vous pouvez ainsi aider les jeunes à plus se révéler !

Enfin votre recommandation aux jeunes talents en situation de handicap qui veulent rejoindre les professions du Droit ?

Il faut croire en soi, se faire confiance, se connaître, se révéler – finalement comme les valides ! - tomber le masque … y aller et avoir moins peur, parce que l’on est comme les autres étudiants en droit mais avec des parcours qui nous ont permis de développer des savoir être que les autres n'ont pas !

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crédits photos christophe rabinovici et nicols ravelli